L’exposition « À travers leurs yeux » est le fruit du travail du photojournaliste Élie Cortine. Le jeune volontaire français, ayant rejoint l’association Salam, avait initié à la photographie des jeunes, de 11 à 25 ans, pour leur permettre de photographier eux-mêmes leur quotidien dans un camp de réfugiés. « Il s’agit d’un petit camp où vivent une cinquantaine de familles, dans une vallée frontalière de la Syrie. »
Vernissage le jeudi 15 janvier à 17h30 en présence des membres de l’association Salam et avec dégustation de mezzés libanais.
Exposition visible du 15 janvier au 25 février 2026 aux horaires d’ouverture de la médiathèque.
En savoir plus : De jeunes réfugiés syriens photographient leur quotidien Salam LADC est une association basée au Liban dont le cœur de mission est l’éducation et l’aide d’urgence aux populations vulnérables, notamment les populations syriennes vivant dans les camps de réfugiés de la Bekaa. En 2021, elle a lancé la Salam Photo School, initiative consistant en une formation de 9 mois à la photographie en direction d’adolescents et de jeunes adultes syriens vivant dans l’un des camps de réfugiés de la Bekaa, dans le district de Zahlé. La première formation a été menée par Elie Cortine et Aya Rdayni.
L’idée était de donner l’opportunité aux jeunes de montrer les conditions de vie dans lesquelles ils évoluent. Il était important que ces photographies soient réalisées par celles et ceux qui les vivent, et non par des photographes extérieurs comme c’est souvent le cas. Les jeunes réfugiés ont ainsi pu offrir leur propre vision du camp dans une approche à la fois esthétique, journalistique et documentaire. Pour les formateurs, il s’agissait de trouver le regard et l’approche les plus pertinents et justes concernant la représentation de la situation migratoire au Liban. Le groupe était composé de 9 personnes, jeunes hommes et femmes entre 14 et 25 ans. Chacun et chacune a développé un projet individuel et documenté sur lequel il a travaillé pendant 9 mois.
Leurs productions se sont concentrées sur un aspect spécifique – personnel, social ou esthétique – de leur vie dans le camp. Les photos présentées dans cette expo ne se veulent pas une description exhaustive de la vie des réfugiés syriens au Liban. Seuls 21% de la population syrienne du Liban vivent dans les camps contre 12% qui vivent sur leur lieu de travail (entreprises agricoles, entrepôts, usines, …) et 67% qui vivent dans des appartements ou dans des maisons, en grande majorité insalubres ou en état de délabrement avancé. Par ailleurs, la diversité de localisation des camps (à l’intérieur d’une même région ou entre les régions), la diversité d’accès des familles aux infrastructures publiques, aux commerces ainsi qu’aux services fournis par les agences humanitaires, créent des situations disparates. En revanche, 94% des Syriens vivent sous le seuil extrême de pauvreté, une situation qui empire chaque année depuis 10 ans. C’est aussi le cas aujourd’hui pour une grande partie de la population libanaise à la suite de l’effondrement de l’économie et de la monnaie locale.
Médiathèque, Rue du Champ des Vignes, Merdrignac, France